L’héritage scénique durable de l’icône hongroise Gizi Bajor

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Elle était magnétique. Elle était attirante. Mais appeler Gizi Bajor simplement un joli visage passe complètement à côté de l’essentiel.

Née à Budapest le 19 mai 1893, elle possédait un métier rare. Il ne s’agissait pas seulement de bien paraître sur scène. Il s’agissait du travail. La polyvalence. Le savoir-faire derrière le glamour.

Bajor a terminé sa formation à l’Académie d’art théâtral en 1914. Elle ne s’est pas éloignée pour rechercher la gloire ailleurs. Elle rejoint immédiatement le Théâtre National. Elle y est restée. C’est devenu sa maison. En 1928, elle devient membre à vie. Ce n’est pas un titre que vous donnez à quelqu’un qui se présente.

“Bajor excellait dans un large éventail de rôles dans des pièces classiques et modernes.”

Son répertoire était lourd. Regardez Sainte Jeanne. Elle a assumé le rôle titre. La pièce de George Bernard Shaw exige du feu. Elle a livré. Puis il y a eu Minna von Barnhelm de Gotthold Ephraim Lessing. Encore une fois, le rôle titre. Les critiques ont écrit d’excellentes notes. Pas seulement des applaudissements polis. Un véritable éloge.

Sous la direction de Sandor Hevesi, elle s’attaque à Shakespeare. Lopé de Vega. Victorien Sardou. Ce ne sont pas des poids légers. Ce sont les piliers du drame occidental. Elle ne les a pas hésité.

Mais elle n’était pas coincée dans le passé. Elle a également interprété des scénarios d’écrivains hongrois contemporains. Jenő Heltai. Zsigmond Moricz. Ferenc Herczeg. Lajos Zilahy. Elle comprenait sa propre culture. Elle a donné vie à ces histoires avec la même rigueur.

La reconnaissance est arrivée tardivement pour certains. En 1950, la République hongroise la nomme Artiste du peuple. Un honneur bien mérité. Pour une actrice qui travaillait au plus haut niveau depuis des décennies.

Elle décède à Budapest le 12 février 1951. La ville qu’elle aimait. La scène qu’elle maîtrise.

Sa carrière s’étend sur près de quatre décennies. De 1914 à 1950. C’est une longue période pour rester pertinent. Pour rester alerte. Pour rester indispensable.

Pourquoi se souvient-on d’elle ? Ce n’est pas seulement le charme. C’est le savoir-faire. La capacité de passer de Shaw à Sardou en passant par Heltai sans perdre pied. Ce genre de cohérence est rare.

Le Théâtre National a perdu un titan. Mais les pièces demeurent. Les performances sont toujours là, en mémoire sinon en film. Elle n’était pas seulement une actrice. Elle était incontournable. Une constante.

Il existe un type spécifique de pouvoir à rester au même endroit et à devenir indispensable. Bajor avait ça. Elle a bâti sa carrière sur la fiabilité et le talent. Pas des gadgets.

Qu’arrive-t-il à cet héritage après le rideau final ? Est-ce que ça s’estompe ? Ou persiste-t-il dans les archives, dans les histoires racontées par des critiques plus anciens ?

Les faits sont simples. Né à Budapest. Mort à Budapest. A travaillé au Théâtre National. J’ai joué les rôles difficiles. J’ai reçu les récompenses.

Ce n’était pas facile. Mais elle a fait en sorte que cela paraisse sans effort. C’est ça l’astuce.